Des postes de responsabilité, le rêve des guinéennes

24 Jun, 2008

Déterminées désormais à ne plus servir uniquement que les hommes, mais se servir d’abord, les femmes de Guinée multiplient les efforts dans le cadre de la sensibilisation de leurs compatriotes pour une prise de conscience de leur situation.

Une situation d’ailleurs connue de tous : fort taux d’analphabétisme, victime de la survivance de certaines pratiques néfastes à leur santé, pauvreté chronique, conséquences de la polygamie, poids des dépenses familiales… Voilà donc, ce que les femmes guinéennes ont de communs. Seulement, malgré tout, les quelques unes qui se distinguent et de qui, de surcroît, parviennent même à supplanter les hommes rencontrent sur leur chemin de nombreux obstacles érigés le plus souvent par des phallocrates endurcis.

C’est autant dire que le combat de la guinéenne pour bénéficier d’un poste de responsabilité s’avère coriace. Et, comme le disait Elisabeth Côte, représentante de la Fondation International des Systèmes électoraux en Afrique (IFES) : « si vous voulez briguer des postes de responsabilité et surtout vous faire respecter par les hommes, il faut se départir de la Mamaya (danse folklorique), des boubous, pagnes et autres bijoux. Car, il s’agit d’un combat ardu où la pitié n’existe pas dans le vocabulaire. Dorénavant, il faut travailler dur et ne compter que sur ses propres efforts ». Un message qui devrait être bien suivi, respecté et appliqué par toutes celles qui aspirent à un poste de responsabilité.

Et, c’est justement en tenant compte de ces facteurs que les guinéennes, à travers des ONGs multiplient des campagnes de sensibilisation pour expliquer l’importance de leur combat, notamment pour la couche féminine. Des idées, somme toute, qui devraient être répercutées jusque dans les écoles où se forment et se préparent les futures femmes responsables du pays. C’est bien, la raison d’être du Comité National d’Equité pour la scolarisation des jeunes filles. Cette structure, depuis sa mise en place en 1989 a atteint à travers ses activités, tout le territoire national. Des campagnes de sensibilisation, des dons de fournitures scolaires et autres bourses offertes à des filles qui se font distinguer à travers des meilleurs résultats scolaires sont entre autres activités du Comité d’Equité pour la scolarisation des jeunes filles à travers les écoles du pays. Selon moult observateurs, pour combattre la discrimination tous azimut à l’égard des femmes, il faut avant tout, chercher à élever leur taux d’alphabétisation. Autrement dit, ‘’ qu’on ait désormais beaucoup de femmes juristes, magistrats, économistes, avocates, politologues, sociologues, médecins, pharmaciennes…’’.

En tous les cas, avec l’ouverture d’esprit de plus dune guinéenne, le combat politique s’avérera moins coriace.


Amadou Makissa Diallo

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