Le ministre de l’Energie et de l’Hydraulique s’est rendu hier 27 août à la centrale thermique de Tombo à Kaloum à Kaloum. Accompagné des cadres de son Département, Ansoumane Condé a pu s’enquérir de la situation peu reluisante de cette centrale qui « alimente » la capitale guinéenne.
Tour à tour Ansoumane Condé s’est rendu dans les deux salles de commande de Tombo III et de Tombo V, la salle des machines, le grand magasin d’approvisionnement et d’équipements.
Il a aussi visité l’atelier de réparation des transformateurs.
Il faut préciser que cette descente du ministre de l’Energie à Tombo avait non seulement pour objectif, de toucher du doigt le fonctionnement des groupes énergétiques, mais aussi véhiculer le message de désolation des populations, qui selon le ministre, « accusent les agents de EDG d’être seuls responsables du vol des câbles, compteurs et transformateurs ». Une accusation que ces agents ont naturellement rejetée.
Pour ceux-ci, le délestage et le manque de courant électrique sont notamment dus à la surcharge des transformateurs.
Mais là n’est assurément pas le problème qui est plus profond qu’on ne le pense.
La desserte de l’électricité se pose avec acuité au ‘’château d’eau’’ de l’Afrique occidentale. Les Guinéens sont étouffés, que dis-je tenaillés par l’obscurité dans les quartiers. Ce qui ouvre la voie à la recrudescence de la criminalité et du vol dans la cité.
Sur les coupures intempestives ou tout simplement l’incapacité de EDG à donner du courant pour dire clairement les choses, le directeur général de la guinéenne d’électricité accuse la faiblesse de la pluviométrie cette année.
Sékou Sanfina Diakité a tout d’abord précisé qu’il y a deux sources de ravitaillement, électrique et hydraulique. « Nous n’avons que deux sources hydrauliques de ravitaillement celle de Donkeya et celle des Grands chutes. Ces deux remplissent les lacs et cours d’eau qui alimentent à leur tour les barrages. Vous remarquerez que cette année, il n’a pas eu une forte pluviométrie chez nous. Et toute la pluie de Conakry est seulement sur le tarmac, seule la pluie du Fouta Djallon remplit nos barrages ».
D’autres rasions sont aussi avancées par les responsables de EDG. Il s’agit de la forte demande qui reste largement supérieure à l’offre ou à la disponibilité. Tenez, ces responsables soulignent qu’à elle seule, la ville de Conakry à une demande d’une puissance de 200 mégawatts alors que EDG ne peut fournir à la capitale que 120 mégawatt. Calculez le déficit !
Entre autres arguments, on parle aussi du prix du mazout. Selon un énergéticien du coin, pour que les deux groupes de Tombo V fonctionnent a plein temps, il faut 2.000 litres de mazout par heure. Qui plus est, ajoute t il, la tonne qui était vendue à 600 dollars est passée à 720 dollars avec la flambée des prix des produits pétroliers.
Le ministre a appris comme nous qu’à Tombo III sur quatre groupes de 44 mégawatts, un est à l’arrêt et les autres sont en révision selon les informations recueillies sur les lieux.
Ce fut le tour de visite du magasin de stockage des 53 transformateurs offerts par la société BNP Paribas. Ici, sur les 62 transformateurs qui nous été montrés 15 sont destinés à la région de Kindia.
Mais avec ce matériel électrique qu’ils trouvent important, les travailleurs de l’EDG ont assuré de l’amélioration prochaine de la desserte électrique. Aussi du remplacement des nombreux transformateurs grillés, de l’amélioration du niveau de la tension électrique dans les quartiers.
Pour Ousmane Condé, directeur de la distribution « avec ces important matériels nous sommes surs de bien servir notre clientèle. Les transformateurs défaillants seront remplacés. Comme disposition, nous procédons à une correction des cas de disfonctionnement et installeront des matériels de protection en veillant à l’amélioration des niveaux des tensions dans les quartiers ». Sur cette opération on annonce que neuf transformateurs sont déjà opérationnels.
L’atelier de réparation des transformateurs est logé dans un bâtiment flambant neuf, fruit de la coopération sud coréenne.
Les équipements sont en phases d’installation, mais toutes les machines ne sont pas encore en place. Il faudra attendre le 17 octobre pour que tous les appareils soient mis en phase d’opération comme nous le confit le responsable d’installation. « Nous avons du matériel de dernière génération. Après son installation nous n’aurons rien n’a envier aux autres de la sous région. Nous procéderons à une formation pour de ceux qui vont travailler sur ces machines ».
Notons avec lui que si jusque là, un transformateur qui pouvait traîner jusqu’à deux mois pour être réparé, « cela ne prendra plus que quelques semaines » a promis un des agents d’installation.
Pour le moment tout cela ne sent les éternelles promesses.
D’autant plus que les clients s’attendent plutôt à du concret.
Si ces premières dispositions annoncées peuvent au moins pallier à la défaillance de la desserte, ce serait un premier pas. Tout compte fait on attend pour voir ce que l’avenir nous en dira.
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