Mamoudou Keïta : Percussionniste hors-pair

26 Jul, 2008

Né au ‘’pays des Djembé Föla’’, à Kouroussa plus précisément, il y a 43 saisons, Mamoudou Keïta est incontestablement aujourd’hui l’un des meilleurs représentants de la culture africaine mandingue à travers la percussion. Par son statut de pilier de plusieurs troupes artistiques guinéennes par le passé, ce percussionniste hors-pair qui évolue aujourd’hui avec sa propre troupe ‘’Sabou Gnouma’’ entraine, partout où il fait des spectacles, des milliers de personnes de toutes les races, en Afrique, en Europe et en Amérique Latine.

Fils d’un ancien directeur général des chemins de fer de Guinée qui voulait lui tracer une vie d’intellectuelle, Mamoudou a vite compris, à bas âge, que son destin était à la musique traditionnelle mandingue et au Djembé. Son père qui est lui aussi ex Djembé Föla’’ ne s’est pas tellement opposé à ce choix qu’on croyait innocent à cette époque. A cinq ans, il sera inscrit à l’école du maître Moustapha Diallo dans le quartier Almamya où il fut initié au chant. Mais il avait de l’attrait pour cette musique traditionnelle mandingue, surtout le Djembé qui l’amena à abandonner définitivement l’école à l’âge de 10 ans. Le jeune Mamoudou, soucieux de réussir dans son choix, intègre, en 1977, l’année-phare de la culture guinéenne, la troupe artistique de Diogo Diallo de la fédération de Conakry I.

En 1979, offrant toujours ses mains à la troupe fédérale de Conakry I, il devient un précieux membre de la troupe ‘’La Playa’’ de Conakry sous la direction générale de M’Bady Camara. Le jeune percussionniste fait parler de lui et participe à tous les spectacles de ces deux troupes artistiques. En 1982, ses efforts et son talent lui sont reconnus par les plus hauts responsables de la culture mandingue. Il est premier du classement national au festival Ballet Disco. Cinq ans plus tard, il rejoint le ballet privé ‘’Merveille de Guinée’’ avec M. Sano comme directeur. Le monde s’ouvre au jeune percussionniste qui fait des spectacles à la Havane, Santiago, Kamaguoué, sur la grande île cubaine. C’était en 1988 avec le ballet national Djoliba dirigé à l’époque par Frankis Magloire Camara.

De 1990 à 1991, Mamoudou Keïta participe au festival Panafricain, au Ghana et à celui de la CEDEAO en Ethiopie, avec le même ballet Djoliba. Après cette traversée horizontale du continent, le 25 septembre 1991, il voyage avec Arafan Touré-premier soliste des Ballets Africains- pour la Hollande en tant que danseur, percussionniste, chorégraphe et arrangeur du groupe ‘’Africa Soli’’. Connu sous le petit nom de Delmundo, Mamoudou a fait école avec tous les grands percussionnistes de Guinée dont Mamady Keïta et la troupe Sèwakan, en Belgique. C’est en 1994 qu’il prendra la courageuse décision de tourner pour lui-même en créant, loin de son pays natal, en Hollande, sa propre troupe qu’il nomma ‘’Sabou Gnouma’’. Il participe avec ses éléments à plusieurs festivals, en France, Espagne, Suisse et Finlande. De retour au bercail en 2002, Delmundo crée une autre troupe artistique essentiellement composée des membres de sa famille au sens africain.

Gardant le même nom, cette troupe est spécialisée dans les instruments sangban, dum-dum, kincerinin, bolon, donso guonin, kamberen guonin, tandenin, taman, flûte, kodon… Nansady Keïta, Nanfeden Keïta, Morciré Keïta, Daman Diarso et Mohamed Kouyaté qui composent cette troupe sont doués dans la danse, l’acrobatie, la chorégraphie et l’arrangement de la musique traditionnelle mandingue. Ce qui fait de Mamoudou Djembé Föla, Delmundo pour les intimes, l’un des dépositaires de cette culture millénaire.


Maséco Condé

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