Mohamed Bangoura ‘’Banks’’ est directeur général de Vice Versa Communication. De retour de Gabon où il a co-présenté la demi-finale et la finale de la première édition de Africa Star 2008, il s’est prêté à nos questions. Lisez !
Le Diplomate : A quel titre tu as pris part à la première édition de ‘’africa star’’ au Gabon ?
Mohamed Bangoura : J’ai été invité par Claudy Siar et scbc production. Claudy Siar en tant que coproducteur et scbc entant que coproductrice en qualité de co-présentateur des deux dernières émissions, c’est-à-dire la demi-finale et la finale. Donc c’est à ce titre que je me suis rendu au Gabon dans la deuxième quinzaine du mois de juin dernier pour l’enregistrement et la production de ses émissions.
On t’a vu quand même accompagner notre compatriote, Sia Tolno à cette compétition.
Oui par ce qu’en amont, j’avais eu à travailler sur la sélection du candidat ou de la candidate qui devrait représenter la Guinée à cette prestigieuse compétition musicale, la première du genre en Afrique sud-saharienne. Comme vous le savez, huit pays étaient représentés. Pour ce qui est de la Guinée, c’est Vice Versa communication qui avait organisé le casting, la sélection du coté de Havana Beach en début d’année, en janvier plus exactement. Il y avait une dizaine de candidats qui s’étaient manifestés.
Le casting a eu lieu, et on envoyé la cassette à Paris. Où on devrait choisir celui ou celle qui devrait représenter la Guinée à Africa Star. Donc puisque c’est Sia qui avait été choisie, il était question que je sois à ses cotés. Parce que d’une manière ou d’une autre, elle et moi défendions les mêmes couleurs, le même drapeau.
Est-ce qu’on peut connaître les critères qui ont présidé au choix de Sia Tolno ?
Peut-être que je n’irai pas au détail. Comme je l’ai déjà dit, c’était à la production du coté de Paris de choisir les critères. Et ces critères étaient basés sur le talent, la capacité à s’exprimer, la présence, la qualité de la voix etc. parce que c’est une compétition télé à la recherche de la star africaine. Il fallait donc que celle-ci réponde à un certains nombre de qualités qui dépassent la moyenne. Donc lors du casting avec des artistes de talent, c’est Sia qui a été choisie ce qui prouve la qualité de la sélection. Parce que Sia n’est pas n’importe qui, c’est une grande artiste de la musique guinéenne. Je pense qu’elle a valablement représenté notre pays. Je pense qu’elle fut un bon choix, pour ne pas dire le meilleur choix.
Sia aurait pu être l’africa star 2008, mais elle s’est au finish retrouvée à la troisième place, tout de même honorable. A ton avis, qu’est -ce qui a manqué à Sia ?
On va d’abord prendre l’avis général. Ce sont les votants. Les votes. Il faut que les gens votent. Ce sont les critères. Durant les cinq précédentes émissions, c’était au jury, aux votants de choisir, quand on suit et qu’on ne vote pas, on n’est pas pris en compte même si on est devant son poste téléviseur. De la première partie jusqu’à la finale, c’était au jury et aux votants de choisir ou d’élire ceux qui allaient continuer l’aventure.
Sia dès le début n’était pas en bonne position, mais à chaque fois les membres du jury l’a repêchait parce que voyant en elle cette candidate coriace et très talentueuse qui méritait de se retrouver en finale. Mais malheureusement en finale, les membres du jury n’avaient pas la voix au chapitre, ce n’était plus le jury qui décidait. Pour répondre à ta question, disons que c’est le vote du public qui lui a manqué. Il fallait que les gens votent massivement pour elle. Les gens ont voté en Guinée. Mais à la surprise générale, elle était en très bonne position parmi les votants en France et d’autres pays comme le Gabon. Mais elle n’a pas eu le nombre de voix nécessaire pour battre Sydney, qui a été élu africa star 2008.
Y-a-t-il eu difficit de sensibilisation?
Oui, peut-être que l’année prochaine, on ferra mieux. Mais en même temps qui doit faire ça. C’est une question qu’on doit se poser. Pour ce qui nous concerne, nous avons réalisé et fait diffuser des spots sur les antennes des radios, à la télé. Nous avons fait de notre mieux. Mais, tu vois, ce n’est peut-être pas suffisant. Il faut quelqu’un pour coordonner tout ça. Mais s’il plait à Dieu, l’année prochaine, nous allons impliquer le maximum de personnes pour que l’information passe le mieux. Ce qui a manqué aussi, c’est le prix de l’appel qui était relativement cher pour la bourse du Guinéen.
Parce que 3000 gnf font 300 fcfa. Et les autres pays, c’était 300 fcfa l’appel. 300 fcfa pour le Sénégalais, le Malien etc. ne représente pas grand-chose. Mais c’est parce que notre monnaie est faible, le pouvoir d’achat aussi. Tout ça ne nous regarde pas trop, mais il faut signaler que sans doute, si l’appel était à 1000 gnf la minute saurait été mieux. J’en ai parlé avec les gens de la production, qui se sont rendus compte que beaucoup de personnes ont voté par sms alors que les votes par sms n’ont pas été pris en compte. Je pense que l’accent doit être mis maintenant sur la qualité de la prestation de Sia. Et également la double représentation de la Guinée à travers Sia et ma modeste personne. L’autre victoire de la Guinée, c’est qu’au moment où nous parlons, Sia est la seule artiste à signer un contrat avec la Maison qui produit Cesaria Evora.
C’est une exclusivité. Depuis Mory Kanté, aucun autre artiste guinéen n’avait encore signé un contrat de production avec cette maison, Lusa africa. Donc malgré tout, bravo à Sia merci à la presse qui s’est même mobilisée pour la soutenir. Merci à tous ceux qui ont voté. Ce qu’elle vient de gagner, même Sydney ne l’a pas eu. Ça quand même, c’est grâce à africa star, qui a été un bon tremplin pour Sia.
En attendant la prochaine édition de Africa Star, il est prévu une tournée dans les capitales africaines. Sia sera-t-elle de la partie ?
Bien sur, sans chauvinisme, Sia c’est la star de africa star. Il y a des gagnants certes. Il y a les autres candidats. Mais vous marchez avec Sia dans les rues au Gabon, vous vous rendez compte qu’elle est une vraie star. Ça prend des photos par-ci par-là. J’imagine mal une tournée d’africa star sans Sia. Elle est là, elle apporte son brin de folie, sur le plan de la voix, elle est exceptionnelle. Elle sera de la partie. Il est prévu une date en Guinée. Déjà elle doit aller au Gabon pour la nuit de la musique c’est au mois d’août. Elle va encore partager le plateau avec des artistes de renom international. Comme elle l’a fait récemment avec Tiken, Kassav etc. Cette tournée va concerner les huit pays. Dont Bamako, Benin, Cameroun, Gabon. ça commence en octobre prochain.
Quel bénéfice tires-tu de cette participation ?
Plein de belles choses. D’abord sur le plan personnel, ça m’a permis d’être conforté dans l’idée que ce que je fais, je ne le fais pas que pour la Guinée. Il y a des gens à l’extérieur de la Guinée qui ont une vue sur ce que je fais sur place ici. Cela veut dire que je dois continuer à faire ce que je fais. Sur le plan de l’expérience c’est extraordinaire. Car partager une scène avec Claudy Siar n’est pas donné à n’importe qui.
Etre présentateur africain aux cotés de Claudy Siar qui est une personnalité française pour la demi-finale et la finale c’est un bonheur. Sur le plan de l’expérience proprement dite, en deux semaines, j’ai appris, ce que d’autres apprennent pendant des années. J’ai côtoyé des grands artistes, réalisateurs, ces grands professionnels mondiaux de la télé. Faire des directs à partir d’un tel plateau, je dois dire que j’ai beaucoup appris. Cette somme d’expérience, je compte la mettre au service de la petite parcelle de responsabilité que j’occupe. Ça permet d’améliorer ce que nous faisons ici. L’autre leçon, c’est qu’on ne fait pas la télé avec de maigres moyens, de la simple volonté. Il faut qu’on mette en mouvement des moyens financiers, techniques et humains conséquents.
Aujourd’hui, si les responsables de la télé, du ministère, du gouvernement veulent des choses comme ça en Guinée, il faut réunir de grands moyens. Sans ça, on ne fera pas d’africa star, de Guinée star, on ne réussira rien. Sur le plan de l’organisation, c’est un travail de longue haleine. Sur le plan de l’aventure, j’ai découvert un beau pays qu’est le Gabon, j’ai été au contact avec d’autres cultures.
Un dernier message
Je remercie Claudy Siar qui m’a donné cette chance de participer à cette rencontre. Dont il m’a parlé il y a plus d’un an. Je remercie le diplomate pour cette opportunité de faire ce succinct compte rendu, je remercie toute la presse. Toutes les personnes qui m’ont réconforté. Merci à tous ceux qui auront lu cette interview. Si par moment, on a blessé des gens, désolé ce n’est pas notre intention, on veut tout juste faire passer des messages.
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